Insuffisance rénale et dialyse

Introduction

Selon l’Inserm, plus de 82 000 personnes en France sont concernées par l’insuffisance rénale, nécessitant le recours à la dialyse ou à une greffe de rein. Ces dix dernières années sont marquées par de réels progrès sur la compréhension de cette condition. Les recherches ont permis de mieux appréhender les causes, symptômes et facteurs de risques de l’insuffisance rénale, ainsi que ses traitements et la réduction des récidives.

Corps

Définition de l’insuffisance rénale

L’insuffisance rénale est une altération du fonctionnement des reins : ceux-ci n’assurent plus leurs fonctions quotidiennes essentielles. L’insuffisance rénale est causée par l’évolution lente de maladies qui conduisent à la destruction des reins.

Quels sont les dysfonctionnements liés à l’insuffisance rénale ?

D'abord, les reins filtrent le sang et en éliminent les déchets issus du métabolisme (acide urique, créatinine, urée, etc.). Ils filtrent chaque minute environ un litre de sang, soit un cinquième de la quantité pompée par le cœur.

Ensuite, ils servent à maintenir l’eau à un niveau constant dans le corps et à équilibrer le taux de sels minéraux nécessaires à l’organisme (potassium, phosphore, sodium).

Enfin, les reins produisent des hormones, des vitamines et des enzymes indispensables à la fabrication des globules rouges, à la fixation du calcium et à la régulation de la pression artérielle.

Quels sont les types d’insuffisance rénale ?

Il existe deux types d’insuffisance rénale : l’insuffisance rénale chronique et l’insuffisance rénale aigüe.

L’insuffisance rénale chronique

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est une destruction progressive et irréversible des reins. En effet, l’eau et les produits du métabolisme sont en excès, passent de moins en moins dans l’urine, et ils s’accumulent dans le corps. C'est une maladie grave causant le décès du patient si aucun traitement n’est appliqué.

L’insuffisance rénale aiguë

L’insuffisance rénale aiguë (IRA) est un dysfonctionnement transitoire et réversible des reins, survenant soudainement. Cette infection est provoquée par une intoxication médicamenteuse, l’obstruction des voies urinaires (calculs, adénome prostatique), une hémorragie, ou par une infection généralisée (septicémie).

Quels sont les causes et les symptômes de l’insuffisance rénale ?

Les premiers signes d’une insuffisance rénale

Prévenir une insuffisance rénale est difficile car la maladie ne se manifeste que lorsqu’elle a déjà atteint un stade très avancé, après parfois plusieurs dizaines d’années d’évolution silencieuse. Elle se repère donc difficilement avant 45 ans.

Les personnes souffrant de diabète, d’hypertension ou d’une autre maladie susceptible de provoquer une insuffisance rénale doivent surveiller régulièrement la santé de leurs reins à travers des analyses de sang et d’urine.

Toutefois, il existe des signes pouvant indiquer une éventuelle insuffisance rénale : si le volume d’urine change beaucoup ou si l’urine contient des traces de sang, il est préférable de consulter un néphrologue (spécialiste du rein).

Les symptômes de l’insuffisance rénale

La progression de l'insuffisance rénale chronique est très lente et les reins s’adaptent en compensant leur perte de fonction, les symptômes sont par conséquent souvent imperceptibles les premières années.

C’est courant qu’une insuffisance soit décelée seulement lorsque les reins sont à 25% de leur capacité normale. Le seul symptôme non spécifique notable durant plusieurs années reste la fatigue.

On note tout de même des symptômes spécifiques, une fois la maladie bien installée :

  • mictions (action d’uriner) plus fréquentes,
  • douleur à la miction,
  • diminution du volume d’urine,
  • urine mousseuse, trouble ou de couleur foncée,
  • hypertension artérielle,
  • fatigue et faiblesse marquées,
  • enflures des chevilles, pieds, jambes et/ou paupières,
  • nausées et vomissements,
  • perte de poids importante,
  • somnolence et ralentissement psychomoteur,
  • perte d’appétit et mauvais goût en bouche,
  • maux de tête et troubles du sommeil,
  • douleurs localisées (milieu et bas du dos ou côtés du bassin),
  • crampes et contractions involontaires des muscles,
  • démangeaisons persistantes,
  • œdèmes.

Les causes de l’insuffisance rénale

L’insuffisance rénale chronique a plusieurs stades, et 50% des insuffisances rénales sévères sont dues à l’hypertension artérielle, au diabète (de type 1 ou 2), ou à des maladies cardiovasculaires.

Les autres causes et facteurs de risques sont divers et parfois méconnus, associant facteurs génétiques et environnementaux :

  • l’âge avancé,
  • l’obésité,
  • le tabagisme,
  • un faible taux de cholestérol HDL (dit “bon cholestérol”),
  • une pyélonéphrite (infection rénale),
  • une maladie polykystique des reins,
  • l’utilisation de médicaments métabolisés par les reins (chimiothérapie),
  • une maladie auto-immune (comme le lupus érythémateux aigu disséminé).

L’insuffisance rénale aiguë, quant à elle, se produit souvent à la suite d’une diminution réversible du flot sanguin rénal, ayant des causes multiples :

  • une infection sévère,
  • une déshydratation,
  • une obstruction (hypertrophie de la prostate par exemple),
  • l’exposition à des substances toxiques pour les reins (produits de contraste utilisés en radiologie notamment),
  • un taux élevé d’acide urique.

Comment est diagnostiquée l’insuffisance rénale ?

Les 5 stades de l’insuffisance rénale chronique

Pour calculer la sévérité d’une insuffisance rénale chronique, la méthode de calcul est d’utiliser le débit de filtration glomérulaire (DFG), en utilisant la créatinine. Par exemple, un DFG supérieur à 90 ml/mn traduit une fonction rénale normale.

En fonction de ce DFG, on distingue 5 stades d’insuffisance rénale chronique :

  • stade 1 : maladie rénale sans modification du DFG = DFG ≥ 90 ml/min ;
  • stade 2 : insuffisance rénale débutante = DFG entre 89 et 60 ml/min ;
  • stade 3 : insuffisance rénale chronique modérée = DFG entre 59 et 30 ml/min ;
  • stade 4 : insuffisance rénale chronique sévère = DFG entre 29 et 15 ml/min ;
  • stade 5 : insuffisance rénale chronique terminale = DFG < 15 ml/min.

Le néphrologue prescrit ensuite des examens complémentaires afin d’identifier des troubles potentiels liés à l’insuffisance.

Une prise de sang permet de connaître la kaliémie (taux de potassium dans le sang, normalement compris entre 3,5 et 5 mmol/L), car si elle augmente (plus de 5,5 mmol/L), cela peut créer une atteinte dangereuse pour le cœur.

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On mesure aussi la phosphatémie (taux de phosphates dans le sang) car c’est un facteur de risque cardiovasculaire.

En fait, il est nécessaire de faire une surveillance très large car l’insuffisance rénale chronique a de nombreuses conséquences :

  • problèmes cardiovasculaires,
  • troubles du métabolisme osseux,
  • troubles de l’équilibre acide-base,
  • anémie,
  • troubles endocriniens,
  • dyslipidémie (concentration trop élevée de triglycérides et de LDL cholestérol dans le sang).

La prise en soin de l’insuffisance rénale chez Korian

Freiner l’évolution de la maladie

Une fois l’insuffisance rénale chronique identifiée, l’objectif est de réduire l'inflammation et de ralentir la destruction des reins, donc de retarder de plusieurs mois ou années l’évolution de l’insuffisance vers le stade terminal (stade 5), via un traitement “néphroprotecteur”.

D'abord, le néphrologue et le médecin traitant s’accordent pour réduire les risques cardiovasculaires, puis l’hypertension est contrôlée par un régime pauvre en sel et un traitement hypotenseur.

En cas d’insuffisance rénale aiguë, qui est un processus réversible, on traite prioritairement la maladie à l’origine de l’insuffisance rénale, comme le diabète ou l’hypertension, avant de traiter directement l’insuffisance rénale.

Adapter l’hygiène de vie

Une bonne hygiène de vie ralentit considérablement la destruction des reins. Les maisons Korian proposent donc de l’exercice physique quotidien ainsi qu’un régime alimentaire adapté aux personnes souffrant d’insuffisance rénale :

  • réduction des apports en phosphore, sodium, potassium,
  • réduction des lipides et des protéines,
  • beaucoup d’eau.

Les conseils du nutritionniste guident chaque personne concernée et lui assurent le bien-vieillir au sein de nos établissements.

 

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La mise en place de ce mode de vie permet la diminution de l’accumulation de déchets dans le sang, limite les nausées et vomissements, et réduit le risque d’avoir recours à la dialyse.

Prise en charge médicamenteuse

Les médecins évitent la prescription de médicaments néphrotoxiques, ils favorisent plutôt ceux qui réduisent l’absorption du phosphore et favorisent l’érythropoïèse. Des diurétiques sont donnés pour aider à l'élimination d’excès d’eau et de sel.

D’autres médicaments peuvent être prescrits pour rétablir l’équilibre acido-basique et assurer des apports suffisants de vitamines, de potassium et de calcium ; et d’autres pour maintenir le taux de globules rouges et la glycémie.

L’expertise Korian mise en plus sur le positive care, la bienveillance et les thérapies non-médicamenteuses pour réduire les symptômes et améliorer le bien-être des résidents souffrant de pathologies rénales.

Dialyse et greffe de rein

Au stade 5, soit le stade terminal de l’insuffisance rénale chronique, trois options sont proposées au patient :

  • l’hémodialyse,
  • la dialyse péritonéale,
  • la transplantation rénale.

L’hémodialyse est la technique la plus fréquente : une machine épure le sang pour éliminer les déchets de l’organisme. La dialyse s’effectue trois fois par semaine dans un centre spécialisé, ou deux heures par jour à domicile.

La dialyse péritonéale est un dispositif interne : un cathéter est positionné dans le ventre du patient de façon permanente, afin d’infuser un dialysat puis de recueillir ce liquide de drainage par gravité ou à l’aide d’une machine appelée cycleur. Cela permet d’assainir le sang naturellement à travers le péritoine (membrane naturelle). Cette méthode est proscrite aux personnes souffrant d’obésité, n’urinant plus ou ayant subi plusieurs chirurgies abdominales.

La transplantation rénale est l’ultime solution : un autre rein est greffé à la place du rein déficient. Les patients présentant un DFG inférieur à 15 ml/min peuvent être inscrits sur la liste d’attente de transplantation rénale. Les critères sont très stricts et les candidats effectuent des pré-consultations et évaluations détaillées par des néphrologues spécialisés en greffe rénale. 70% des greffons sont encore fonctionnels après 10 ans, et 50% après 14 ans, ce qui en fait un traitement plutôt efficace.

L’insuffisance rénale chronique, lorsqu’elle implique une dialyse, est réévaluée régulièrement :

  • soit avant la mise en place de la dialyse, qui a des contraintes fortes et où l’adhésion du patient est nécessaire,
  • soit en raison de l’aggravation d’autres maladies dont les atteintes cognitives sont sévères, et où la dialyse devient très compliquée (déambulation, perfusions arrachées, etc.).

Une équipe pluridisciplinaire statue alors sur le rythme des séances de dialyse, voire leur arrêt, en lien et en accord avec l’entourage et le patient lorsqu’il peut encore s’exprimer.

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